Historique de l’EFY
1968 : date de naissance du Syndicat National des Professeurs de Yoga, un an après la Fédération Nationale de Yoga, quelques jours avant la grande révolte étudiante … L’article 6 des statuts du Syndicat prévoit qu’il peut “créer des œuvres d’éducation professionnelle ou sociale, des cours d’éducation scientifique, professionnelle, sociale ou physique”. Ainsi naquit en son sein, au cours de l’année 1972, l’ECOLE FRANCAISE DE YOGA, qui devint une association indépendante en 1976.
Elle répondait d’abord au besoin de certains professeurs de mieux se former, en partageant leurs propres préoccupations et en comblant leurs manques en anatomie, psychologie, ou en d’autres domaines nécessaires à une bonne pédagogie en Europe. Car si ces professeurs avaient appris le yoga en Inde dans un cadre relativement traditionnel, s’ils avaient "baigné" dans la culture indienne, ils devaient répondre aux multiples questions que posait l’adaptation à la fois fidèle et créative de cette discipline dans un monde occidental en quête depuis 1968 d’Orient, d’exotisme, d’un autre rapport au corps.
Les premiers élèves de l’Ecole ont donc été des professeurs déjà installés. Peu à peu, il apparut que l’on pouvait créer et transmettre un yoga occidental, branché sur ses sources indiennes, équilibrant le corporel et le psychique, attentif à la connaissance de soi.
Dans les années 1980, une structuration de plus en plus solide permit de constituer un programme, en accord avec des écoles appartenant à d’autres pays européen : programme minimum européen pour la formation initiale des enseignants. La part belle est faite à la pratique du yoga et à sa pédagogie, mais les connaissances nécessaires autour du yoga – anatomie, physiologie, psychologie, civilisation indienne – prennent leur place, donnant à l’EFY une assise culturelle et un rayonnement.
L’EFY a une structure associative ; elle est donc régie par un conseil d’administration bénévole. Son corps professoral est constitué d’environ quarante enseignants : quinze formateurs en yoga, les autres étant des spécialistes, titulaires de diplômes universitaires, des différentes disciplines enseignées en cours théoriques. Tous ces formateurs se retrouvent régulièrement en séminaires d’approfondissement et de pédagogie. Le suivi des élèves est très personnalisé, les relations entre formateurs et élèves reposant sur une connaissance mutuelle.
L’EFY appartient à un ensemble plus vaste, qui la relie au
monde du yoga en Europe. Tout d’abord, avec les sept écoles
régionales, elle est affiliée à la Fédération
Nationale des Enseignants de Yoga (FNEY) et à l’Union Nationale
de Yoga (UNY), qui s’étendent sur la France et les DOM-TOM
par le biais de nombreuses associations et activités. L’Ecole
de Paris, nationale, et les écoles régionales appliquent toutes
la même base pédagogique, avec des normes exigées par
la Fédération, et conformes au programme européen de
formation. Car la Fédération est elle-même membre fondateur
de l’Union Européenne de Yoga.
Actuellement, 160 élèves sont en
cours de formation, répartis sur huit promotions, selon les années
et selon qu’ils ont choisi un cursus en semaine ou en week-end. Autour
de la formation proprement dite, gravitent toutes sortes d’activités
: ateliers, week-ends, formation continue pour les Anciens ; conférences,
animations diverses, portes ouvertes pour tout public. C’est que,
outre la formation de futurs enseignants de yoga, l’Ecole répond
à des besoins plus larges : développement personnel, perfectionnement
d’une culture générale qui permet de mieux se comprendre
et de mieux comprendre le monde, de prendre le yoga comme un support pour
(re)trouver le sens de la vie.
Ces dernières années, l’Ecole a organisé des colloques : pendant tout un week-end, conférences, questions-réponses, ateliers d’expérimentation alternent, à quoi s’ajoute l’organisation d’une librairie centrée sur le sujet et sur la culture indienne. Les colloques sont ensuite intégralement publiés dans des numéros de la Revue Française de Yoga. Citons :
"Religions en Inde aujourd'hui" (22 et 23 novembre 1997)
"La non-violence ? des images idéales à l’épreuve du réel" (23 et 24 janvier 1999)
"Manger, jeûner, sacrifier" (27 et 28 janvier 2001)
"Passeurs de culture. Grandes figures européennes de la rencontre avec l’Inde" (26 et 27 janvier 2002)
L'école organise aussi des cycles annuels de conférences.
Des penseurs, chercheurs, écrivains viennent y développer
des sujets très contemporains :
"Méditations sur le corps" (2000-2001)
Que l’on pratique ou non le yoga, comment ne pas s’intéresser au corps aujourd’hui, puisqu’il constitue la grande découverte ou redécouverte de la fin du XX° siècle ? Oui mais, qu’est-ce que " le corps " ? Question difficile qui ouvre sur de multiples dimensions : le biologique, l’émotionnel, le spirituel … Nous avons eu envie de l’explorer, tout au long de cette année, avec l’aide de chercheurs qui y réfléchissent souvent depuis fort longtemps. Nous avons conçu ce cycle pour qu’il débouche sur une pratique au quotidien, concrète, ancrée dans l’expérience du souffle, de la verticalité, de l’assise …
"La conscience dans tous ses états"
L’articulation entre la dimension psychique et la dimension spirituelle est délicate ; aussi exige-t-elle une réflexion approfondie sur les mots qui désignent la conscience et l’esprit, qui décrivent l’expérience des états. Cette réflexion permet aussi de percevoir les différences d’approches entre l’Inde et l’Occident, de mieux situer les apports de l’une et de l’autre, d’enrichir notre compréhension par un échange sans confusion. Comme font souvent les traités indiens classiques, nous avons commencé par la fin, désignant le but du travail intérieur, puis chaque conférence a abordé un aspect essentiel, dans un parcours libre et respectueux des convictions de chacun.
"La rencontre avec l’autre"
Rencontrer l’autre en vérité : une tâche urgente, qui semble pourtant plus difficile que jamais. Entre guerres et paix, entre pathologies de la communication et libération de la parole, entre exclusivisme des cultures et vision universaliste, entre fausse tolérance et conscience des différences, il y a une hésitation, une oscillation continuelle. Identité/altérité : ces deux pôles s’appellent l’un l’autre, ne se déploient que par reconnaissance réciproque.Pratiquant ou enseignant le yoga, nous rencontrons de l’altérité dans la figure de l’Inde et nous sommes confrontés à des représentations ambiguës de l’Orient et de "l’oriental", qui ne nous permettent pas toujours de faire comprendre notre démarche. Mais nous restons persuadés, comme François CHENG, que "afin d’évoluer.. toute culture se doit de dialoguer avec la meilleure part de ce qui lui vient d’ailleurs." ("L’éternité n’est pas de trop", 11).
En trente ans, plus de 2000 personnes, de tous horizons culturels et de tous âges, ont accompli dans le cadre de l’EFY les parcours les plus divers, expérimentant les richesses du yoga comme voie de transformation. Certains enseignent, d’autres non. Mais ils ont vécu la devise de l’Ecole : “L’esprit prend corps, et le corps retrouve l’esprit”.
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